Le
projet
Aller à
la rencontre du jeune public pour l’aider à appréhender, par
le biais des contes traditionnels, les questions autour de la
mort.
Comme
Percée dans l’Odyssée, approcher de biais, apprivoiser par la
fiction ce qu’il est si difficile de regarder en
face.
Note
d’intention
Parler de la mort
?
La lutte contre la mort est un des
désirs profonds de l’humanité.
Un des moyens de la tenir à
distance a été de la représenter en image pour tenter de
l’apprivoiser et se réconcilier avec elle.
Et même si beaucoup de films, de
pièces de théâtre, de tableaux ou de livres mettent en scène la
mort et les émotions qu’elle suscite, celle-ci reste toujours
peu visible voir même déniée dans nos sociétés
occidentales.
Dans les médias, c’est
l’éternelle jeunesse qui prend désormais le plus de
place, c’est le rêve d’une adolescence prolongée
et d’un certain «jeunisme» qui fait le plus vendre. Y compris
des piqûres de «Botox»...
Pourtant il n’y a pas
d’âge pour penser à la mort, les enfants et les jeunes sont
aussi concernés par cette question.
Très tôt la fin de vie soulèvent
chez eux autant d’interrogations que chez les
adultes.
Parler
de la mort aux enfants ?
«Même pas mort !»
disent-ils dans leurs jeux...
Mais comment aborder avec
eux ce sujet "délicat" ?
Comment leur parler de la mort
sans les inquiéter, tout en proposant une approche et une distance
convenable, bienveillante et remplie de poésie ?
Car il s’agit pour
l’enfant de considérer la mort comme naturelle, comme partie
intégrante de la vie, et non pas uniquement comme une cause externe
qui arriverait d’un ailleurs...
C’est leur dire que la
mort ne touche pas que les méchants. Qu’elle est toujours
juste et honnête, riche ou pauvre elle conduit chacun au cimetière.
Quelle finit par donner du prix à la vie…
Qu’il existe sans doute une
antidote : c’est de se sentir vivant en aimant et en étant
aimé.
Que nos désirs et nos sentiments
amoureux nous donnent des ailes et nous rendent «immortel» car ils
nous font transcender le temps… juste le temps d'une
vie.
Pourquoi
le conte merveilleux ?
Parce que le conte merveilleux
«traverse» les gens sans leur demander leurs avis
!
Avec lui les choses ne sont pas
seulement ce qu’elle paraissent : «le soupir d’une
jeune fille s’entend plus loin que le rugissement d’un
lion…»
Les contes traditionnels
permettent d'apprivoiser les angoisses humaines universelles. Tout
en admettant que la mort est inéluctable, ils mettent au centre de
notre humanité nos pulsions de vie : l'amour.
Ils offrent une alternative, un
détours par la fiction pour aborder cette thématique délicate de la
mort.
C’est dans
l’univers du merveilleux que l’on arrive à dépasser nos
limites, car notre imaginaire et nos rêves eux sont bien plus
grands.
Dans les contes merveilleux
toute rencontre avec des êtres surnaturels est banale,
normale et quotidienne.
La mort est l'un de ces
personnages.
LES HISTOIRES
La
disparition de la mort
C’est l’histoire
d’un jeune garçon qui un soir se trouve nez à nez devant chez
lui avec la mort qui vient chercher ses parents.
Devant le peu de frayeur
qu’elle suscite chez le garçon, la mort le menace de tous ses
extraordinaires pouvoirs. Lui il la met au contraire au défi de
devenir la plus petite possible, si minuscule quel pourrait passer
par le trou dans la coquille d’une noix.
La mort relève le défi et la voilà
enfermée.
Au bout de quelques temps la mort
ne faisant plus son travail le monde s’en trouve complètement
bouleversé. Et malgré les supplications et les faveurs qu’on
lui promet, le garçon refuse obstinément de libérer la mort
prisonnière dans la noix.
Finalement ce sont des enfants qui
trouvent les mots pour le convaincre. Il accepte à une condition,
que la mort ne vienne pas chercher ses parents avant que lui même
ne soit devenu père de famille à sont tour.
La mort accepte la condition et
l’enfant la libère.
Des années plus tard, alors que sa
femme est en train d’accoucher de son premier enfant à la
maison, la sonnette de l’entrée retenti...
L’homme qui ne voulait pas mourir
C'est l'histoire d'un jeune
homme qui a terriblement peur de mourir.
Le jeune homme fait un rêve et
voit une jeune fille dont il tombe amoureux et qui lui dit de le
rejoindre dans un pays où on ne meurt pas.
Alors il quitte sa mère pour
tenter d’échapper au sort commun des mortels.
Il traverse des mondes à la
recherche de ce pays où la Mort ne peut pas entrer. Il rencontre à
chaque fois des personnages pour qui le temps est suspendu et qui
ne semblent pas pressés de mourir.
Au bout de son voyage, il se
retrouve dans un pays où la fille de ses rêves est là, à
l’attendre.
Elle lui propose de devenir
immortel et toujours jeune. Il ne connaîtra ni la mort ni la
vieillesse en restant avec elle dans son pays pendant un très long
temps.
Cependant, à la fin de
l’histoire, le jeune homme veux revoir sa mère
une dernière fois.
Après tout ce temps, il repartira
chez lui et finira par rencontrer sous les traits d’une
vieille femme... la Mort qui l’attendait.
L’homme est mortel
par ses craintes, immortel par ses désirs » (Pythagore)